Ep16 – D’aventures en aventures.

paulinescripte

Avant de commencer, j’ai pensé à quelque chose dont je voudrais vous parler. Depuis que j’assiste au tournage de « Près de moi », j’apprends beaucoup de choses tous les jours sans même m’en douter. Alors ce qui pourrait être chouette, c’est que vous me posiez vos questions si vous en avez. Par exemple, si depuis plusieurs épisodes vous vous dites : « Mais enfin, pourquoi ne parle-t-elle donc pas de … ?! » Eh bien c’est le moment de me le dire et promis, je ferai de mon mieux pour vous répondre.

Il y a maintenant trois semaines que le tournage de « Près de moi » a débuté. Et pourtant… horreur et damnation ! je me suis aperçue que j’avais oublié de vous parler d’une personne terriblement importante. Je vais donc réparer cette erreur tout de suite et vous raconter le rôle passionnant de Pauline Pécheux, l’indispensable scripte des Loups Blancs.

Depuis le début du tournage, j’ai bien saisi qu’elle avait un rôle essentiel ; j’ai bien vu qu’elle prenait des notes tout le temps et qu’elle avait l’œil partout. Et inconsciemment, c’est peut-être par peur de la déranger, de la déconcentrer puis d’entraîner une erreur fatale qui elle-même provoquerait la fin du monde qui fait que je ne lui ai pas parlé plus tôt. Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que lundi dernier nous avons pris le temps de discuter et que toutes les histoires qu’elle m’a raconté m’ont réellement captivée. Ce jour là nous étions à Rillé et la journée de tournage s’est terminée plus tôt en raison du mauvais temps. L’après-midi, le soleil n’était pas au rendez-vous ; la luminosité n’aurait donc pas été raccord avec les scènes déjà tournées à Rillé quelques temps auparavant.

Il faut savoir que, pour des raisons très pratiques, les scènes d’un film sont souvent tournées dans le désordre. Prenons un film imaginaire pour exemple : on pourrait très bien tourner la séquence 124 qui correspond à la mort de Régis avant même que ses amis ne lui offrent, lors de la séquence 12, un saut à l’élastique. Pauvre Régis… Bref, tout ça pour dire qu’on adapte le planning de tournage à la météo, à la présences des acteurs, à la disponibilité des décors et à un million d’autres raisons. C’est donc parfois un peu le bazar et c’est pour ça qu’une scripte est vivement recommandée. Grâce à ses yeux, sa mémoire, toutes ses photos et notes conservées dans ses énormes cahiers prévus à cet effet, on pourra éviter les faux raccords d’un plan à l’autre. Elle est celle qui rappelle que la mèche de cheveux était derrière l’épaule, que les chaussures étaient plus sales, que le chandelier était disposé à gauche du livre ou encore que le regard du comédien n’est pas bien dirigé. Pour remplir à bien sa mission, elle est présente tous les jours et, lorsque la caméra enregistre, elle est tout le temps aux côtés d’Alex. La scripte est un peu comme l’ombre magique de Peter Pan : elle est un personnage à part entière tout en étant le prolongement direct du réalisateur. Elle est l’ange gardien de la continuité.

Mais comme on n’a jamais assez d’anges gardiens pour ce genre d’aventure, les Loups Blancs comptent aussi sur leur bonne étoile. Une bonne étoile qui, au début de cette semaine, semblait vraiment avoir fait sa valise pour ailleurs… Bonne étoile ? Ouhouh ?! La semaine a commencé par une partie de cache-cache avec le soleil. Mais on avait pas précisé les règles du jeu et il s’avère qu’il n’avait rien compris : il sortait sans arrêt de derrière les nuages pour s’y glisser à nouveau quelques minutes plus tard. Mardi, nous tournions dans la cour du château de Jallanges lorsqu’une grande fête du bruit dont nous étions les invités forcés a débuté. Avion, engin agricole, avion n°2, chasse à cour, voiture, avion n°3 : autant de bazar sonore empêchant le bon déroulement du tournage. Après avoir sifflé « Coupez ! » à contre cœur une fois de plus, Alex se tient la tête dans les mains ; il sourit tellement le moment est désespérant. Dans les cas comme ça, j’aime me dire que les difficultés n’existent que pour nous faire apprécier encore plus les douceurs à venir. Lorsque le film sera terminé, on repensera tous à ce mardi 18 août avec le sourire ; on se dira que ces péripéties valaient bien le bonheur obtenu.

Aujourd’hui, c’est la troisième semaine de tournage qui s’achève. On avance tout doucement vers ce bonheur tant convoité. Je ne sais pas si c’est un mirage. Est-ce qu’on l’aperçoit vraiment, est ce qu’on l’imagine si fort qu’il nous paraît déjà réel ? Quoiqu’il en soit on y va, tous ensemble. J’ai une boule au ventre, parfois, quand je pense à ce joyeux futur. Bien sûr, on a tous hâte de connaître le fin mot de l’histoire. Mais moi, j’ai peur du dernier « Coupez ! » que prononcera Alex. J’ai la trouille de me réveiller en sursaut et de retourner à une réalité sans Loups, de retourner à une vie qui paraîtrait fade si toutes les belles personnes que j’ai rencontré n’y avaient plus leur place.

Le journal d’Anaïs Andos

à vendredi prochain

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