Episode 22 – Le premier au-revoir

Mardi, je me suis rendue au Plessis-théâtre avec une étrange sensation qui m’enveloppait ; c’était l’avant-dernière fois que je me rendais sur le tournage de « Près de moi ». C’est normal mais c’est bizarre : le moment qui devait arriver arrivera, demain. Et demain, ça devient soudainement très concret, très réel. Ça signifie que chaque jour de la semaine qui vient de s’écouler a vu des « derniers quelque chose » de cette aventure avoir lieu. Lorsque l’on a conscience de ça, alors le moindre petit moment prend un sens différent…

Mardi matin, mon vélo et moi sommes arrivés au point de rendez-vous en même temps que Léa, comme souvent. C’est rigolo d’avoir l’habitude de quelque chose ; c’est comme avoir des prémonitions. Là, pour que nos chemins se croisent à peu près devant la grille d’entrée, je savais que j’avais le temps d’attacher mon vélo puisque Léa a toujours, en plus de son sourire, sa caméra et son ordinateur à sortir du coffre. Après ces petites retrouvailles, nous avons monté l’escalier en colimaçon qui menait jusqu’à la salle de tournage.

Là encore, le spectacle qui nous attendait était tout aussi réjouissant que prévisible. Alex, Geoffroy et Coco étaient là, dans la pénombre, en train de finaliser l’installation du décor. Oui, mais ce n’est pas tout ; ils faisaient ça en chantant. J’ai souri car d’où j’étais, on aurait dit une petite comédie musicale sans moyen. Et le pire dans tout ça, c’est qu’ils chantent bien ! Bref, après nous avoir mis la chanson dans la tête, le reste de l’équipe réduite est apparu, tour à tour. Mais on ne pouvait pas encore tourner car il manquait un câble. Adèle a donc enfourché la wolfmobile (c’est comme la batmobile mais pour les loups) et foncé dans la ville à la vitesse de l’éclair, tout en évitant les petites mamies qui traversent, à la recherche du câble manquant. Puis elle est revenue, et le tournage a pu commencer.

La séquence tournée était une « retake », donc on connaissait déjà bien l’ambiance et ça n’a pas duré longtemps. Après ça j’ai dû partir, alors j’ai cherché du regard tout le monde à la fois en lançant : « A samedi ! », comme si de rien n’était. Sauf qu’Yvon s’est approché de moi en me tendant les bras : son dernier jour était mercredi. Alors voilà, sans vraiment réagir, il y a eu une embrassade et un « à bientôt » sincère. Puis, c’est Patrick-le-régisseur qui m’a regardé en me disant qu’il ne serait pas là non plus samedi. Avec sa frimousse toujours réjouie mais peut-être aussi un brin nostalgique cette fois, il nous a annoncé qu’il se rendait sur un autre tournage. (Patrick ou le retraité qui ne s’arrêtait jamais, c’est lui !)

Mais ces « au-revoir » et ces « à bientôt », je ne les ai pas trouvé tristes. Le mois d’août qui a permis à toute l’équipe de se rencontrer ou de mieux se connaître est déjà loin. Et puis, il ne faut pas être nostalgique de ces moments heureux passés ; il vaut mieux penser à tous ceux qui sont sur le point d’arriver et qui nous donneront à nouveau envie de regarder en arrière pour mieux avancer. Je crois qu’il faut tout faire pour vivre de beaux moments, mais ne surtout pas vivre pour les regretter.

C’est leur caractère temporaire et éphémère qui fait la beauté des choses. Et, pour qu’il existe tout plein d’autres débuts, il faut forcément des fins. Heureusement pour nous, le cinéma est une discipline qui prend son temps… La coupure ne sera donc pas trop brutale car, une fois le tournage fini, c’est la post-production qui va commencer avec toutes ses phases bien différentes. Ce n’est donc pas un « au revoir » ni un « à vendredi prochain » que je vous écris, mais un « à très vite» ! Car tant qu’il y aura des choses à raconter et que les Loups me garderont près d’eux, je n’oublierai pas de me promener les yeux grands ouverts, les émotions au bout du crayon.

Le journal d’Anaïs Andos

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