Episode 23 – L’image dévoilée.

La voilà, l’image dévoilée. La première ! En la regardant attentivement… je revois l’envers du décor, j’entends aussi l’accent italien de Viviana et je souris en repensant à toute l’équipe. Avec un peu de concentration, je parviens même à sentir à nouveau la chaleur du mois d’août ! Cette femme qui regarde par la fenêtre, c’est Anna. Et elle, perdue entre l’ombre et la lumière, l’amour et la peur, qu’aperçoit-elle en regardant attentivement par la fenêtre? Et vous, que voyez-vous…?

Il y a presque un an, l’aventure « Près de moi » devenait réalité. Il y a presque un an, je rencontrais les Loups Blancs. Il y a 7 semaines, on publiait l’épisode 22 qui annonçait la fin du tournage. Quand on y pense, c’est fou tout ce qui peut se passer en si peu de temps. Il y a du bon et du moins bon ; il y a le long-métrage qui prend forme et il y a le monde qui ne tourne plus tout à fait rond…

Cette semaine, j’ai revu les Loups Blancs. Ça fait du bien, dans ce monde de brutes, de revoir ces sourires réchauffeurs-de-cœur. Malgré tout, cette pause pendant laquelle la vie normale a repris son cours, était nécessaire. Après la fin du tournage, il fallait laisser du temps au temps et laisser se reposer les choses et les gens. Mais aujourd’hui, le moment était venu d’écrire une nouvelle page de l’histoire…

Avec Coco (pour de vrai c’est Corentin), on a parlé du montage puisque c’est ce qui a occupé une grande partie de son emploi du temps depuis mi-octobre. C’était marrant ; il était assis dans un fauteuil tout douillet et j’étais face à lui, carnet de notes et crayon à la main. Alors, telle une psychologue du cinéma, je l’ai écouté me raconter les joies et les difficultés du travail de monteur. Eh bien après cette conversation, je peux vous dire que monter un film c’est aussi difficile que ce que j’imaginais, voire plus ! Bon, on est d’accord, je ne vais pas entrer dans les détails techniques du montage. Par contre, je vais faire de mon mieux pour vous raconter les grandes lignes, avec autant de précision et d’enthousiasme que Coco en avait à le faire.

Pour commencer par le commencement, il faut faire un petit retour rapide au mois d’août, lorsque le soleil nous inondait encore le visage. Chaque soir (ou presque) après le tournage, Alex prenait le temps de regarder les images tournées le jour-même et de faire un « dérush ». Ce mot franglais veut dire qu’on extrait les prises sélectionnées pour faire un bout-à-bout ; on peut dire que c’est le tout-premier montage du tout-début. Bien sûr, on sait qu’à la fin ça ne ressemblera pas à ça. Mais, ma bonne dame, il faut bien partir de quelque part !

C’est de là que Coco a coco-mmencé. (Cette blague est en attente de confirmation du service de vérification des blagues. Merci de votre compréhension.) Il est donc parti de cette version scénarisée, où le montage qu’il a sous les yeux suit exactement la linéarité du texte. Et ce n’est pas si facile de passer de l’écrit à l’image car, sorties du papier, les scènes peuvent finalement prendre une toute autre importance. Il faut donc tout revoir et dans la continuité, parce qu’une scène qui était bien toute seule peut perdre de son aura lorsqu’elle se retrouve au milieu d’un tout.

Bref. Suivre le scénario c’est bien, mais s’amuser à déstructurer, modifier, déplacer, enlever et rajouter des informations et des scènes, c’est mieux. C’est comme défaire un puzzle tout fait, pour que le spectateur puisse le recomposer lui-même en regardant le film. Et c’est là que réside tout l’intérêt du montage, mais aussi tout le plaisir et toute la difficulté… Pour avancer dans la création il faut faire des choix et encore des choix, artistiques et esthétiques, dictés par son ressenti et sa sensibilité. On choisit ce que l’on veut montrer et dans quel ordre, puis on décide de l’émotion que l’on veut conférer à chaque scène. L’amour, la peur, la confusion… Ce sera à vous d’en juger.

C’est pour ça que toute la post-production est importante ; la composition musicale, le mixage et l’étalonnage permettent de révéler toute la force de ces images déjà très belles. (Si c’est vrai, sur la tête de mon chat ! Je les ai vues.) Mais évidemment, tout ça est fait après le montage. Alors quand Coco travaille à mettre l’histoire en forme, il ajoute aux images des bandes originales de films, afin de faciliter la création, de mieux s’imaginer l’effet qui sera obtenu une fois la vraie musique composée par-dessus.

Le montage, c’est créer avec ses yeux, ses oreilles, son cœur et sa tête. Et à partir de la semaine prochaine, c’est Alex qui va s’y plonger. « Ça commence à bouillir ! J’ai envie de voir ce qu’a fait Coco et de m’y mettre. » Après la fin du tournage, il avait décidé de ne plus regarder les images parce qu’à force d’être le nez dessus, il n’y voyait que des défauts. Mais maintenant que l’effervescence et la fatigue de cet été sont apaisées, c’est le moment de s’y remettre, avec peut-être un poil plus d’objectivité. Ces dernières semaines, tous les deux ont beaucoup discuté ; Coco a cherché les combinaisons possibles tandis qu’Alex ira chercher les détails qui font que c’est un film d’Alex Guéry.

Ce qui est rassurant, c’est qu’il existe une multitude de belles directions possibles… Il ne reste plus à Alex qu’à choisir celle qui lui semblera la plus rayonnante, celle qui fera faire du tambour à son cœur.

Le journal d’Anaïs Andos

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